dimanche 20 juin 2010

Chili. Jours 8, 9 et 10, Chiapa et l'ascension du Tata Jachura

Je veux vivre à Chiapa !
Comment expliquer ça ?
Ce n’est ni le plus beau des villages, encore moins le plus confortable mais je veux vivre à Chiapa, dans ce bout du monde perché à 3000 m d’altitude et hanté, parait-il, par des soucoupes volantes la nuit...

A Chiapa, Séraphin et Célinda nous offrent l’espoir d’une vieillesse alerte et pleine d’humour, à Chiapa l’eau descend du torrent dont la cascade gèle la nuit et fait hurler les petits enfants sous la douche. A Chiapa on moud sa farine sur une pierre et on fait cuire son pain dans le four ancestral en pierre et au bois.


A Chiapa l’instituteur nous accueil avec un sourire éclatant et les enfants rigolent dans l’école. Les enfants ont été invités à travailler avec les 2 (oui 2) enfants inscrits à l’école, ils ont adoré ça. L’instit à appris aux filles à faire des multiplications avec la méthode Chilienne (le multiplicateur à droite et non sous le multiplicande), elles ont réussit à faire des multiplications avec 3 chiffres au multiplicateur et au multiplicande, sans erreurs. Au Titi il a fait faire des graphismes rigolos. Les enfants ont joué au foot tous ensemble à chaque temps libre et les filles ont commencé à apprendre aux autres enfants à faire du Judo. On a parlé tous ensemble, avec passion, de culture de coutumes et de géographie...

A Chiapa Célinda nous apprends à ramasser les Maïs séchés pour nourris les Lamas et la “paramédicale” cherche les herbes médicinales avec enthousiasme.
A Chiapa Séraphin chasse les Viscachas au lance pierre pour le dîner. Et tous honorent le Tata Jachura une fois par an sur la pierre de sacrifice, là haut, loin dans la montagne. Tata Jachura ça veut dire le “grand père de la vallée”.
Pour les soucoupes volantes, au fait, d’après la description nous on craint que ça ne puisse être des libérations de Radon, ce gaz radioactif qui s'échappe souvent "peu" de temps avant les tremblements de terre.

Le Chum, notre amie venue de France et Antonio sont allés gravir le Tata Jachura, je laisse le Chum vous raconter ça...


L’ascension du Tata Jachura (prononcer Tata Katchura).
Déjà, il y a eu un grand débat pour savoir si c’était un volcan ou pas. Serafin affirme que c’est juste un Cerro, mais l’infirmière affirme qu’une personne de l’office des Risques géologiques du Chili est venue lui faire une formation à ce sujet. Pour nous, la forme conique, les coulées de laves, les sources d’eau chaude, les geysers, le type de roche, ne nous laissent pas trop de doutes.
Départ à l’aube, et après 2h de route, arrivée à 3850m d’altitude au pied de la montagne. Une grande “Apacheta” (un grand tas de pierre, où chacun dépose une nouvelle pierre, pour se soulager de ses maux) marque le début du chemin.
Un petit déjeuner rapide dans le froid glacial du lever de soleil, et nous partons à 3.
Ce volcan est un immense cône, qui monte au début en pente très douce, puis de plus en plus raide. Nous marchons dans les cendres molles, quand nous faisons 2 pas vers le haut, on redescend de 1 pas vers le bas.
Nous nous élevons très lentement, le haut de la pente ne semble jamais se rapprocher. Pendant 5h de marche, au fur et à mesure que nous nous élevons, notre vitesse ralentit, notre souffle devient de plus en plus court. Vers 4800m, le mal de tête devient assez fort, et faire plusieurs pas de suite paraît de plus en plus difficile. Enfin, à 2h de l’après-midi, nous atteignons le haut de cette pente interminable, l’altimètre affiche 5015m. Le sol devient plat, nous ne sommes pas tout à fait au sommet, il reste 300m de dénivellation pour faire la pyramide finale, mais le temps nous manque, l’énergie aussi.
Nous profitons du paysage magnifique, qui s’étend sur toute la cordillière des Andes, et même de l’autre coté, jusqu’aux grands salars de Bolivie, qui brillent à l’horizon.

La température est glaciale, nous mangeons rapidement avant de redescendre.
La descente est très rapide, il suffit de se laisser glisser dans la cendre, cette fois, pour 1 pas vers le bas, nous en faisons 2. La voiture n’est qu’un point minuscule sur l’altiplano, et ne semble jamais se rapprocher. Au bout de 2h, enfin, elle grandit, et se rapproche.
Nous embarquons vite, car il reste peu de temps avant le coucher du soleil, et il vaut mieux faire la route de Chiapa avant la nuit.
Nous sommes bien fatigués, mais content de cet effort et de ce paysage grandiose, loin au dessus de l’altiplano.
Antonio est enchanté, c’était sa première expérience de la montagne, il a eu comme une révélation ! Il dit qu’il a vraiment sentit la force de la nature, un peu comme une communion avec la Pachamama.

6 commentaires:

  1. Est-ce qu'Antonio a pu de dire quelles montagnes sont des filles et quelles sont des garçons autour de vous ?

    Dans toutes les Amériques, les montagnes sont des être vivants.

    Et il n'y a pas de trop de doute, sur la nature volcanique du coin.

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  2. Très content pour vous qui en rêviez depuis des mois, et pour la population locale que vous valorisez dans leur patrimoine. Merveilleuse aventure. Quelle aventure humaine aussi pour les trois bouts de choux; mais quelle grosse tête ils vont avoir au retour! Daniel

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  3. peut être qu'à Chiapa il y a un sentiment de Liberté ? Celui qui grandit l'homme ?
    Lynx.

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  4. Pour te réponde, Moukmouk, c'est Séraphin qui connaissait bien cette question, le Tata Jachura est masculin et il a sa fiancée en face de lui.

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  5. Tout simplement super Tli!

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