mardi 15 juin 2010

Chili, Atacama. Jours 5 et 6: L'inestimable trésor de Tarapaca...

Aujourd'hui nous nous laissons entrainer à la recherche d'une mine d'argent abandonnée depuis longtemps.

Un vraie de vraie, une où le tunnel étroit creusé à la main débouche sur une chute vertigineuse avec la vieille poulie en bois qui remontait un plateau branlant...


Nous rencontrons notre guide du jour, ponctuel et fringuant, avec un large sourire creusé de longues rides rugueuses...

Je me dis tout de suite que ça va être dur... Ici, dans ce désert magique, les vieux gambadent éhontément devant nous en entrainant des enfants redevenus sauvages.


Nous partons par le fond de la québrada, traversant des paysages bouleversants de végétation dense, de cannes gigantesques et d'arbres fruitiers généreux, bordés de falaises sèches illuminées d'un soleil d'acier.
Bientôt nous laissons loin derrière nous les cultures en terrasses et leurs petits murets de pierre instables.
Nous rencontrons des lamas, des aigles curieux et un putois furieux, d'innombrables oiseaux inconnus aux couleurs chatoyantes.


Nous montons vers le désert et ses cactus immenses, comme des statues vivantes hérissés de défenses pour protéger leur eau.



Nous marchons sous un soleil de plus en plus lourd.

De temps en temps, notre guide, nous raconte des histoires du passé en nous montrant des blocs de pierre. Il parle d'êtres de petite taille enterrés debout, de femmes momifiées avec leur bébé au sein, de familles entières de momies serrées debout, de déluge, de tas de pierres indiquant des passages, de montagnes sacrées.
Il parle et nous oublions notre fatigue et nous avançons encore.
Nous avons marché en tout 6 heures avec les enfants !



Enfin nous arrivons à la mine.

La récompense de nos efforts. Elle est telle que nous l'imaginions. Surréaliste. Des cavités où les adultes doivent avancer à genoux, débouchant sur des chutes vertigineuses.



Une immense coulée de Sulfate que nous remontons en essayant d'épargner nos chaussures et des tas de pierres abandonnés où nous trouvons des roches extraordinaires, d'argent, de cuivre, de pyrite et d'autres inconnues. Nos mains se couvrent de poussière d'argent ce qui fait hurler de joie les jumelles qui se tapissent de cette poussière irisée.








Nous nous offrons tous une pause bien méritée et repartons.


Notre guide nous a promis de nous montrer une oasis merveilleuse où nous pourrons nous rafraîchir.


De fait, nous arrivons sur des plateformes de pierre bordant des cuvette bleus azurées de l'eau du torrent glacé. Impossible de se baigner, mais que c'est beau !
L'eau dans le désert, c'est comme le sang dans nos veines. C'est une sève merveilleuse de la terre.

Cette eau, nous en reparlerons, je vous raconterai comment elle est menacée par les mines, par l'avidité des multinationales qui prennent les minéraux et polluent l'eau vitale.

Nous sommes rentrés le soir, épuisés et heureux, les pierres plein les poches que nous avons ensuite examinés à la loupe en nous extasiant.

Ne cherchez pas le jour 6, nous nous sommes reposés et je me suis occupée des projets de l'association ASE. Nous avons ensuite tracé la route vers d'autres aventures.

Et en y repensant avec Antonio, le soir, nous nous sommes dit que oui, nous avions bien rencontré un trésor inestimable. Ce trésor c'est une bibliothèque vivante gaie et inépuisable.

Le véritable trésor de la vallée de Tarapaca, c'est lui, ce petit vieux pétillant, et tous les autres qui résistent et aimeraient encore transmettre.
Nous l'avons regardé et écouté, j'ai ouvert des yeux neufs et entendu des récits qui ont vibré en moi.
Un savoir presque oublié des hommes...

Regardez le, écoutez le, ce n'est pas seulement ce qui se dit, c'est aussi l'envie d'entendre et de transmettre, la joie de se souvenir et celle d'apprendre et de respecter...

3 commentaires:

  1. oh que c'est merveilleux ce savoir transmis par les vieux. Bravo aux enfants d,avoir marché 6 heures!

    Est-ce que tes enfants comprennent l'espagnol? je me rappelle la mammy qui leur parlait en espagnol quand les petites étaient bébé.

    Grigri

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  2. Sublime ! Merci de partager et bon voyage !
    Mimi en Aquitaine

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  3. je continue de suivre, sourire en banane, vos aventures. J'ai presque tout compris l'espanol, en plus :-)
    merci !

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