lundi 29 mars 2010

Adjectif qualificatif

Bon, il y a aussi des jours sans... Aujourd'hui c'était l'enfer ici.

Nous avons repris le travail "formel" je veux dire sur une table avec des exercices et un minimum de concentration exigé. Je ne vois pas comment je pourrais faire autrement pour leur enseigner la grammaire, la conjugaison et le calcul !

Le Titi a fini son cahier d'exercices de la MS. Il connait (sait reconnaitre et écrire) toutes les lettres des majuscules bâtons, il a même réussit à résoudre un petit problème de maths (j'ai un bateau composé d'une gommette "coque", une gommette "petite voile jaune" et une gommette "grande voile rouge", je dispose de 3 gommettes "coque", 2 gommettes "voile jaune" et 4 gommettes "voile rouge", combien de bateaux identiques vais je pouvoir faire ?).
Maé et Sam ont eu une leçon sur les adjectifs qualificatifs, les reconnaître dans le groupe nominal et les accorder en genre et en nombre.
Sam a fait les exercices sans problème.

Pour Maé (et pour moi) ça a été l'horreur. Impossible pour elle de se concentrer, elle n'arrivait même plus à écrire correctement sur les lignes, des fautes en recopiant, des ratures partout, un carnage !

J'ai essayé de la motiver en lui disant qu'après on ferait des bricolages de pâques, j'ai essayé de lui expliquer à quel point c'était important de savoir écrire et calculer, J'ai mis une montre devant elle et lui ait donné un temps limite pour gagner des points... 
Elle à mis 1h à écrire 2 lignes, et c'est réel, je l'ai chronométrée. Une heure pour 2 lignes qu'elle avait juste à recopier et conjuguer l'adjectif qualificatif. Et ces deux maudites lignes réalisées en 1 heure étaient bourrées de fautes sur les mots à recopier.
Nous avons fait la pause du repas, j'ai couché le Titi pour la sieste, et j'ai voulu profiter du surplus de calme pour reprendre la leçon et les exercices. Il apparaissant assez évident que la leçon était comprise.

Mais Maé à recomméncé son manège. Elle a écrit si mal que je ne pouvais même plus la relire.
j'ai essayé de lui faire peur en lui disant que si elle ne pouvait pas faire mieux que ça la maîtresse de l'an prochain demanderait le redoublement, je lui ai re-expliqué l'importance de se concentrer maintenant et d'arrêter de rêver pendant les exercices, qu'elle pourrait le faire après.
Rien à faire.
J'ai augmenté les temps de pause, les mini-récrés.
Rien à faire encore.
Je ne voulais pas lâcher le morceau, je me disais que c'était important j'étais stressée parce que cette attitude était celle décrite par sa maîtresse, elle reste figée, le regard dans le vide, sans travailler...

Le Titi s'est réveillé, Sam avait fini depuis longtemps et Maé restait toujours à faire n'importe quoi.
A un moment j'ai craqué, je lui ai crié dessus et je lui ait dit que je ne pouvais pas continuer dans ses conditions, qu'on annulerait toutes les sorties, que j'en parlerai à son père et que si elle continuait comme ça elle redoublerait sûrement et je l'ai envoyée dans sa chambre !

A ce stade des évènements je me disais que j'avais fait une très grosse erreur de prendre la responsabilité de son instruction... Maé pleurait bruyament, elle avait l'air complètement traumatisée et moi je n'en pouvais plus.
J'ai laissé Maé dans sa chambre et j'ai attaqué les bricolages de pâques avec les deux autres.
Maé qui a vu ça a redoublé de pleurs.

L'enfer...

Je me suis retenue d'aller la chercher, je me suis dit que ce n'était absolument pas possible de continuer l'école dans ces conditions et qu'il faudrait trouver une autre solution.
Au bout de 10 minutes, elle m'a demandé à revenir faire ses exercices...
En 20 minutes elle a fait d'une jolie écriture régulière l'exercice qu'elle n'avait pas été capable de faire en 3h30... Tout juste...
 Et puis elle a attaqué toute contente son bricolage...

Je suis vraiment lasse ce soir, je ne sais plus comment faire. Il est hors de qestion que j'entérine un mode de fonctionnement où ma fille ne va travailler correctement que si je lui crie dessus. Je ne sais franchement plus comment faire.
Help les maîtresses !!!

11 commentaires:

  1. ohoh pas èvident tout ca.
    c'est âs facile du tout
    j'ai pas de trucs magiques
    il y a un trucs donné pour ma puce joanie rose.
    10 minutes de devoirs, 5 minutes d'autres choses qu'elle aime(jeu de DS, ordi, bricolage, tèlè) ainsi de suite..

    bon courage
    sylvie

    RépondreSupprimer
  2. Vous avez trouvé le moyen de tout quitter pour être libre. Les enfants aussi ont ce même besoin de liberté. Lâche prise, prends du recul, ai confiance en eux et tu verras qu'ils apprendront aussi sans avoir besoin d'imposer des horaires, des matières, des temps "assis au bureau"... On apprends mieux si on se sent libre d'apprendre ! :)

    RépondreSupprimer
  3. Pas facile à gérer, je suis d'accord. Vu de loin (de très loin), je pense qu'il faut poser les choses clairement :
    1 : on travaille au bon moment, sans hurlement, c'est plus agréable pour tout le monde.
    2 : une fois le "scolaire" fini on passe à des trucs plus sympas (genre bricolage de pâques) mais ne peuvent y participer que ceux qui ont fait correctement le reste. Si quelqu'une se refuse à respecter ces petites règles, on tient le coup et refuse sa participation.
    3 : on peut rappeler à la demoiselle en question qu'elle a une chance inouïe de vivre ce qu'elle vit et qu'elle devrait penser un peu plus à ses copains restés à l'école en France et qui n'ont pas la chance d'avoir comme cours EPS de courir après les chèvres !!!
    Mais les conseilleurs....
    J'ai deux grands ados à la maison et il faut parfois encore négocier travail contre sortie !!! tu n'as pas fini !!!
    bon courage et je suis certaine que tu as fait le bon choix pour ta fille.
    A tchao!!

    RépondreSupprimer
  4. La maîtresse Sosso sèche parce qu'elle ne reconnait que trop bien son fiston! Il est capable de mettre plus d'1h (et là non plus ce n'est pas une expression) pour un exercice qu'il peut tout aussi bien faire en moins de 10mn! Que ce soit à l'école comme à la maison! Et je n'ai toujours ps de solution miracle! Cela dépend franchement plus de sa volonté du jour que d'autre chose.

    Ah si quand même l'intérêt de l'exercice joue: pour lui plus c'est facile et plus c'est difficile (il le dit lui-même).

    Donc en complexifiant l'exercice ben souvent ça marche (par exemple en CP il mettait 15 mn pour me dire comment écrire en chiffres 59, 78... par contre 4259 ou 3978 passaient tous seuls!), en ce1 il me fait le même coup avec les tables de multiplication ;-)

    Autre chose qui marche lui faire créer ses exercices (il décide des nombres contenus dans l'opération demandée, crée ses phrases en français.) Par exemple dans ton cas, lui faire écrire un court texte avec obligation d'utiliser des adjectifs qualificatifs, en variant le genre et le nombre puis les souligner et enfin "convertir" les phrases pour changer le genre et le nombre de chacun, ce serait peut-être mieux passé qu'un exo tout fait.

    Et d'une manière générale pour mon loulou, je privilégie l'oral à l'écrit très compliqué pour lui.

    RépondreSupprimer
  5. J'aime bien quand Sosso "seche" ;-) !
    A mon humble avis, la prochaine fois (ou la suivante), elle va avoir compris qu'il n'y a rien a retirer de ces heures a ne rien vouloir faire. Donc ca devrait prendre moins longtemps.
    Bon courage !

    RépondreSupprimer
  6. Dans ma vie professionnelle j’ai eu à animer des groupes de réflexion sur la scolarisation et la réussite scolaire d’enfants dont le mode de vie est l’itinérance (enfants de culture tsigane, mais également de SDF, demandeurs d’asile…). Le comportement de votre petite fille m’a fait sourire et repenser aux conclusions auxquelles nous étions arrivés lors d’un groupe de travail sur le thème « Culture sédentaire et culture de l’itinérance : deux modes d’éducation qui s’interrogent ». Je vous en cite quelques unes :
    - les contraintes de l’organisation propre au monde des sédentaires par opposition à une vie rythmée par les « caprices » de la nature, l’insécurité et l’incertitude de l’itinérance
    - le poids de l’écrit par opposition à la place privilégiée de l’oral
    - l’individualisme et la compétition par opposition à la solidarité du groupe et de la communauté
    - l’obligation et l’ordre scolaire par opposition à la liberté, l’autonomie, l’inventivité et l’esprit d’initiative, la débrouillardise

    On comprend aisément que l’enfant itinérant soit peu réceptif aux horaires ou aux sanctions autoritaires de l’école, et que des résistances apparaissent…

    Maintenant réfléchissons un peu à votre petite fille :
    - Elle a renoncé à son confort, sa sécurité matérielle pour vivre l’aventure (ses jouets, ses doudous, ses copines, sa chambre)
    - Ce projet de voyage, ce n’est pas une aventure individuelle, mais celle du groupe (sa petite communauté en quelque sorte)
    - Et puis surtout, elle réalise qu’il suffit de se retrouver tous à table autour d’un bon plat de hachis Parmentier pour en apprendre un rayon sur la conquête des Amériques !!!!

    Mais ce n’est pas tout, l’inconscient collectif de notre système scolaire est ainsi fait qu’il y a les premiers et les derniers de la classe. Dans ce contexte une classe ne ressemble pas franchement à une communauté solidaire, mais plutôt une microsociété d’individus en compétition. Les derniers sont ceux qui redoublent, les premiers sont ceux qui réussiront. Et dans nos fantasmes, ceux qui réussissent ne deviennent jamais agriculteurs. Ils sont ingénieurs, cadres commerciaux ou traders… mais pas des « paysans ». Il n’y a qu’à voir le niveau scolaire des jeunes qui entrent en lycée agricole, lycée professionnel ou lycée technique… Et là que se passe-t-il ? Votre petite fille rencontre des gens qui vivent de la terre, qui sont heureux, intelligents, épanouis… Et en plus ces choix de vie font rêver ses parents, qui presque regretteraient d’avoir été si bons élèves ;-). Alors comme ça c’est vrai ? Il n’y a pas besoin d’être première en classe pour être heureuse dans la vie ? Papa et maman se seraient-ils trompés ;-) ?

    Je vous laisse méditer ses quelques réflexions, qui viennent d’une expérience acquise auprès de populations certes fragiles, mais qui bousculent nos certitudes confortablement installées dans notre sédentarité. Une chose est certaine, c’est que votre petite fille semble très intelligente. Elle a bien compris que ce voyage interroge notre modèle de réussite sociale… Alors quoi de plus naturel que de faire un peu de résistance au système ?

    Bon courage et bonne route.

    RépondreSupprimer
  7. Oui, pas facile tout ça !
    Le point positif de l'affaire c'est que tu sais que ta fille est tout à fait capable de réaliser l'exercice dans un temps tout à fait normal !
    Après, j'essaierais encore de discuter avec elle pour qu'elle comprenne que les choses doivent être faites, de trouver ainsi avec elle un accord sur lequel tu ne transigeras pas. Peut-être que la dernière crise aura contribué à le lui faire comprendre ! Autant que possible, les choses se passent mieux si on arrive à garder son calme (mais je sais que c'est souvent plus facile à dire qu'à faire !!).
    Il faudrait aussi comprendre d'où vient son manque de motivation. L'exercice était trop facile, trop déconnecté de ce qui l'intéresse ?
    Je trouve l'idée de la faire participer à l'élaboration des devoirs très bonne. Les exercices peuvent aussi faire référence à ce qu'elle vit actuellement, par exemple la vie de la ferme, les animaux, etc...
    Et surtout je crois qu'il ne faut pas que tu t'angoisses trop, tu as déjà raconté que ta fille est une grande lectrice! Les acquis en français vont se faire !

    Pour terminer, j'ai préparé chez moi un post pour la fabrications des poulettes de Pâques ;)!

    RépondreSupprimer
  8. Sylvie, oui, tu vois, nous aussi parfois on a de la misère pour les apprentissages ;-)

    Anonyme, j'hésite entre ce "lâcher prise" justement et le fait de devoir quand même leur apprendre qu'il y a des moments où il faut se poser pour apprendre... Comment apprendre l'écrit sans se poser ?

    Fredo : Oui, je pense aussi qu'il faut que nous posions des règles, j'ai avancé dans cette réflexion, je vais en reparler. Mais lui dire qu'elle est privilégiée je ne penses pas car elle n'a pas à porter une sorte de culpabilité du choix de ses parents.

    Sosso, plein de très bonnes idées que tu me donnes là, merci, je prends ;-)

    MimienAquitaine Effectivement ce matin tout va mieux, la preuve j'arrive même à écrire sur l'ordi !

    Anonyme, merci pour cette profonde réflexion. Ca m'a fait beaucoup réfléchir. Oui la situation en elle même est porteuse de questionnements profonds. Et oui, c'est vrai les parents aussi se posent des questions existentielles importantes.
    C'est vrai que nous avons été des "bons élèves", bien compliants. Et cette "compliance" qui est porteuse de réussite dans notre système scolaire à été aussi porteuse de soumissions excessives dans notre vie courante...

    Moi, j'étais heureuse dans l'école, car très sociable. Assez "bonne scolairement" pour choisir ma vie mais pas assez pour attiser les jalousies. J'ai pu faire ce dont j'avais rêvé très jeune "explorer le cerveau des gens", un privilège merveilleux.
    Le Papa, par contre a été excessivement en avance et j'utilise sciemment ce mot de "excessivement", il en a souffert, et pour lui, ça a été porteur d'une chose absurde dans sa vie, c'est qu'il a été si "bon" qu'il n'a pas pu choisir son métier... Une grande école célèbre lui a offert l'entrée quand il a été lauréat du concours général, puis lauréat d'autres concours et de concours en concours il s'est retrouvé à son poste très jeune avec l'envie étouffante de tout lâcher pour aller tenir un refuge de haute montagne...

    RépondreSupprimer
  9. Loulou, c'est vrai que je m'angoisse vite, c'est aussi à cause de cet enjeux de ne pas "faire échouer mes enfants" je me sens responsable de la situation.
    Merci pour les bricolages ils adorent ;-)

    RépondreSupprimer
  10. 100% d'accord avec les propos des 2 anonymes
    lache prise, fais confiance et deconditionne toi du seul modele d'apprentissage que tu connais.

    Et surtout, va vite emprunter ces livres que je cite, ils t'aideront, t'inspireront, te donneront confiance et meme t'illumineront. Il faut que tu te debarasses absolument du schema ecole, je sais que c'est dur et remet beaucoup de choses en question, juste fais confiance et relax.

    John TAYLOR GATTO
    -Dumbing us down (un must read)
    -Why school don't educate

    John HOLT (must read absolument et VITE, tu vas trouver pleins de reponses et de soutien dans ton cheminement, surtout les jours ou tu doutes de toi et te sens effrayee d'avoir leur education en charge)
    - Teach your own
    -How children learn (best of the best)
    -Learning all the time (super approprie pour vous)

    Et enfin, plus philo-socio mais aussi un Must read

    Ivan Illich
    - Une societe sans ecole

    Donc, tu ne devrais pas blogguer pendant un moment car tu seras en train de devorer ces livres, crois-moi, ils vont vraiment t'aider et changer tes paradigms.
    Please, read!

    RépondreSupprimer
  11. Merci Sissi...
    Faut-il encore que je puisse avoir 1 heure de libre pour aller TRANQUILLE dans une librairie...
    Néanmoins, j'en lirai au moins 1 et néanmoins aussi, ça va beaucoup mieux rien que d'en avoir parlé...

    RépondreSupprimer

 
annuaire blog visiter l'annuaire blog gratuit