lundi 8 février 2010

Un goût de Paradis

-“Oh, Maman, je ne veux plus retourner habiter à la ville, je veux rester ici, en Brousse, dans la nature sauvage, c’est tellement grand, c’est tellement beau, c’est tellement bien, tu comprends, Maman, ici, on est libres” (lisez “liiiiibres” avec une petite voix vibrante et un ton de supplique).

Dès le soir du premier jour de brousse, dans le Siné-Saloum, c’était fini, les enfants étaient     redevenus sauvages, il regardaient brusquement avec horreur le paysage de leur enfance en se demandant comment ils avaient pu se passer d’une telle beauté sauvage...

Il faut dire que ces derniers 3 jours ont été très riches en émotions...

Nous avons roulé longtemps, sur la route défoncée, puis sur la piste de latérite, laissant une traînée de poussière rouge dans notre sillage. Il faisait 40 degrés dehors. Quand nous sommes arrivés dans ce coin du paradis du Siné-Saloum, les enfants étaient émerveillés. Ils ont tout de suite voulu aller toucher une termitière et aller caresser l’Anesse des grands parents, avant même d’aller piquer une tête dans le sine.
Ensuite, cela à été une succession de sensations inoubliables... Des promenades en bateau (que les enfants ont pu conduire) au milieu de nuées d’oiseaux qui s’envolaient dans notre sillage. Des grands saluts aux piroguiers du village voisin (auquel le Papi a offert une école). une promenade en charrette pour aller chercher de la latérite bien rouge qui a permit aux enfants de faire des peintures rupestres sur les poteaux de la maison (montée sur pilotis). Du travail scolaire classique et plus inédit, avec une belle expérience de désalinisation de l’eau de mer (que j’expliquerai avec photos plus tard), l’observation des étoiles la nuit (la constellation d’Orion est pile au Zénith), l’écriture sur le sable de la plage en guise de travail scolaire du plus petit. Des promenades sur la plage immense à la recherche de coquillages et de graines de palétuviers que nous replantons à tour de bras... Et un petit cours de sciences naturelles au passage, la mangrove disparaît, sans doute à cause de l’augmentation de la concentration en sel de l’eau, ors, elle est capitale pour la faune locale, notamment car les poissons y fraient et que les alevins peuvent s’y réfugier... Et enfin la visite dans l’école des sœurs, car les filles avaient décidé d’offrir l’argent qui avait été récolté à leur Baptême à des enfants défavorisé... Elles l’ont apporté elles même et ont pu discuter avec les enfants et leurs maîtres pendant la classe. Elles ont reçu l’assurance que cela permettra à des enfants d’aller à l’école... Nous raconterons cela dans un autre post, car cela vaut aussi un récit en soit (avec les photos).
Il y avait encore, le vent de sable qui brûle les yeux et s’infiltre partout, l’aube sur la brousse et les promenades matinales dans les cris des oiseaux, le coucher du soleil flamboyant, extraordinaire de beauté immense, à couper le souffle et le discret hurlement des chacals, la peur des hyènes, la nuit, la découverte d’une peau de serpent de presque 2 m (et les explications sur la mue des reptiles) et le dégoût atterré devant les kms d’immondices atour (et dans) les villes, qui polluent toute la nature environnante de ces plastiques qui s’infiltrent absolument partout, les Zébus nonchalants sur la piste, le chacal qui ne nous a pas vu venir, occupé à manger la dépouille d’un âne (je n’ai pas été assez rapide pour la photo, ne cherchez pas), la mine de phosphate (un petit détours par Thiès sur le chemin du retour), la forêt de Baobabs, les conversations avec le Papi qui a raconté aux enfants l’histoire vécue du discours d’indépendance de De Gaule, à Dakar (le Papi était à quelques mètres et faisait le service de la croix rouge) (oui, je sais vous allez me demander de raconter plus en détails j’y songe, j’y songe), etc. etc. l’énergie me manque pour tout vous raconter, je n’aspire plus qu’à aller me coucher, les enfants, eux dorment déjà à poings fermé depuis que leur tête à touché l’oreiller !

17 commentaires:

  1. Waouh ! Je suis jalouse ça y est ! ;o)
    Mon rêve, voir des baobabs pour de vrai !
    Merci pour ces photos ! merci pour ce message ! C'est......beau !

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  2. Fantastique ! Je ne doute pas un instant que les enfants (et la maman) n'ont pas eu besoin de berceuse et que leurs rêves sont peuplés d'animaux et de lieux magiques. Bravo !

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  3. Et oui, le gout de la liberte !

    Difficile de s'en defaire quand on l'a goute enfant. Ca m'etonnerait que vous le perdiez.

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  4. Merci de nous faire voyager avec vous.
    Merci merci merci :-)

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  5. C'est sûr...je m'étais promis....pas de crise de jalousie...mais ce matin devant mon ordi alors qu'il pleut à l'extérieur...trop c'est trop ! Trop beau diraient mes fils !! Oui trop ! Alors, je remise ma jalousie au placard (puni cagibi!)et je te remercie pour toutes ces images magiques ! J'ai vu Avatar le week end dernier et trouvé que les images de ce monde lointain étaient magiques ; finalement notre monde à nous est tout aussi beau ; il suffit de regarder ! Merci . A tchao !

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  6. Bonjour,
    J'ai souvent admiré en silence vos prises de position, votre courage et votre énergie remarquables (sur votre précédent blog). Je suis heureuse de pouvoir vous suivre dans cette aventure, merci! En voyant ces paysages magnifiques, j'ai repensé à un livre que j'avais beaucoup aimé enfant: Jane Goodall, Ma vie avec les chimpanzées (sauf que ca ne se passe pas du même côté de l'Afrique, mais en Tanzanie). Ce n'est pas un pavé, mais si j'en crois mes souvenirs, c'est un chouette bouquin! Et vive le gout de la liberté!
    Pema

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  7. Ils se souviendront longtemps de ce voyage.... :)

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  8. merci beaucoup de nous faire partager tout cela, c'est super...

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  9. Merci Tili...C'est fantastique.
    C'est mieux que "Out of Africa" -:)

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  10. Ces paysages sont fantastiques et O comme je comprend ta fille.....
    La libertee, la chose la plus importante a mon avis.....

    bises.

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  11. Non, je ne suis pas jalouse, mais quand même hein ! :-D

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  12. J'ai écrit au retour de notre périple que beaucoup de monde était capable de faire ce que l'on a fait. Et je le repense aujourd'hui, en lisant le récit de cette belle aventure. Ce n'est pas une question de courage mais d'audace. Oser se lancer malgré les... et les..., toutes ces choses qui nous retiennent et nous empêchent de vivre tout simplement. Je n'ai qu'un regret, en ce qui me concerne, celui d'avoir attendu de rencontrer Monsieur Cancer pour en arriver là !
    Bravo et je suis très heureuse pour vous tous. Votre belle famille va se trouver ( encore ) renforcée .
    Mony

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  13. Et tu t'inquiétais pour l'école pour tes filles ?? Le peu que tu décris la majorité des enfants (voire des adultes ^^) l'ignorent ! vous en avez de la chance !!

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  14. oh, une mue! tu remarqueras que les serpents n'ont pas de paupières mais une écaille sur l'oeil. Et quand ils vont muer, celle-ci se décolle et leur oeil devient "opaque". Ensuite, ils se frottent le nez pour décoller leur peau. Puis tout s'enlève.. Ils muent parce qu'ils grandissent et que la peau devient trop petite.

    C'est fascinant mais ça me rappelle le boulot (fin du congé mat' fin mars...)...

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